« Elle cherche… »

poèmes

3 poèmes  –  Printemps 2004

Elle cherche son nom

son lait

sa soeur

son regard à l’amont

son frère

son livre caché

son pré

sa taupe voyante

sa source

elle cherche sa frange dans la roseraie.

(…)

Elle cherche son terrier ouvert sur l’étoile

elle cherche

son rêve d’enfant

son feutre

sa parole féerique

sa vague

sa fenêtre du corps

elle cherche sa cabane dans les arbres

et voit le chien seul dans la prairie.

(…)

Elle cherche sa patience dans un brin d’herbe

elle cherche sa chanson

son odeur

ses graines

son crime

son osier

son cerf-volant

et plonger tout son visage

_ la flottaison de la nuit.

« Sa marche… »

poème

Poème  –  Printemps 2004

Sa marche dans le visage insolent,

elle sait la visite du corps absent.

Sur l’éclat de la rive, sa vivante,

l’oiseau dans le nid musculeux,

le désir dans la tanière soustraite au lait,

elle attendait l’ouverture des douves.

« Il s’ouvre une partie noire… »

poème

Poème  –  Printemps 2004

Il s’ouvre une partie noire du ciel

tandis qu’effondrée la pierre dans le désert des dingos

respire encore.

Bien loin de la terre rouge,

elle flotte au champ de colza

avec une main ballante dans le vent

elle respire encore

et passe la porte du bois.

Bien loin,

l’empreinte des doigts sur la roche

prie bleu pour le vestige des rivières,

et sur la couverture du gel,

respire encore

le loup qui pardonne à l’homme buvant à même la neige.

(avant l’hiver) des fenaisons

poème

Texte publié aux éditions de L’Entretoise en 2003, avec une préface d’Yves Bonnefoy –  Texte accompagné de 5 séries de dessins, 2002.

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Même ciel gris, mais l’écoute des sèves. Balbutiement des mains.

La solitude en regard de soi, jamais comme une blessure nette. Donne.

La brume révélatrice mais des chemins sans nom.

Continuer la marche les bras écartés au devant de l’aube. Vers la brume.

Maussade gris du ciel; contre-visage du jaune vif des bourgeons, Narcisse (dit-elle).

A la marche de l’hiver les fenaisons dernières, la clémence des eaux troublées. Et la crue des ombres.

La fenêtre ouverte sur la pluie. Délaissée la part lumineuse qui écrivait la route.

Aveugle muette demain tu te coucheras sur le chemin clôturé.

Ouvre l’aube, que tu frôle. Déploie les rives. Mords la terre vide.

De lumière n’es-tu capable, dans le jour qui s’accouche du ciel résonnant?

Recluse dans le corps, tu creuses les ramures. A l’entresol, tu ensevelis la noyade; éperdue, attente de l’aube.

Fourmillements des ressources de la nuit.

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